Putain de syndrome…

Bon, il est temps que je vous l’avoue… Je souffre d’un mal terrible qui ne se voit pas de prime abord mais qui, à la longue, peut s’avérer très douloureux, souvent néfaste pour ma santé et dont les crises finissent toujours mal. Je souffre d’une maladie qui me crée des addictions dont j’ai un mal fou à sortir. Un syndrome sûrement héréditaire puisque ma mère en était affectée également…

Je souffre… du syndrome de l’infirmière!

Mais qu’est-ce que donc que cela, me direz-vous?

Le syndrome de l’infirmière est la volonté incontrolable et la nécessité absolue de vouloir aider les gens (et parfois malgré eux…). Dès que je sens autour de moi qu’une personne est en danger, qu’il/elle ne va pas bien (ça peut aller de la mauvaise humeur chronique à la déprime régulière), je sors ma blouse de Super Infirmière, mon pouvoir de super écoute à la Super Jaimie, ma totale disponibilité et je me lance dans une opération sauvetage qui se finit très souvent en drame digne d’une tragédie grecque.

Mais voilà quelques semaines que je suis un cours pour devenir Coach Professionnel(je le serai officiellement dans quelques jours d’ailleurs! 🙂 ). Et dans ce cours, on nous a beaucoup parlé de l’écoute du coach. Cette écoute empathique qui va nous permettre de se mettre à la place d’autrui, de percevoir ce qu’il ressent pour mieux l’accompagner vers la réalisation de son objectif.

Et c’est là que je me suis rendue compte que, au cours de ma vie,  j’ai souvent confondu l’empathie avec  vouloir « guérir », « soigner », « panser » les plaies de l’âme de quelqu’un qui ne va pas bien, en y mettant toute mon énergie. En gros, devenir une « infirmière » (C’est d’ailleurs assez drôle que ce soit le rôle que j’ai le plus interprété à la télévision…)

Parce que le problème dans cette affaire, c’est que ce syndrome n’est problématique qu’à cause des spécimens particuliers qui le font naître et qui le nourrissent: j’ai nommé les connards (ou connasses aussi, parce que s’il y a un domaine où la parité est respectée c’est bien ici!)

Alors, je suis allée me renseigner pour voir d’abord ce qu’était ce fameux syndrome (on ne combat que ce que l’on connait!) et aussi pour apprendre à le soigner (oui parce que je ne vais pas passer ma vie à essayer de sauver de la noyade des gens qui de toutes façons n’ont, pour la plupart, aucune envie de s’en sortir…Pas que ça à foutre moi!)

Et j’ai découvert plein de trucs intéressants.

J’ai ainsi lu :

  • qu’inconsciemment ça repose sur le besoin de se sentir plus forte, d’être une super-héroïne qui va sauver des malheureux et que c’est une manière de se réconforter narcissiquement (Ah ben on est bien avec tout ça!)
  • que dans ces tentatives salvatrices se niche un désir : « s’assurer que l’on maîtrise tout, même si on ne maîtrise rien ». (ah ben merde… C’est où que j’ai buggé?)
  • et que même, selon Psychologie magazine, Freud en a parlé dans  Au-delà du principe de plaisir (PUF, 2010), où « il analyse cette répétition névrotique de scènes que nous rejouons indéfiniment pour parvenir à franchir les obstacles contre lesquels nous avons douloureusement buté dans l’enfance et contrôler enfin la situation qui nous a autrefois abîmés. »(C’était donc ça!)

Bref,  c’est bien beau tout ça mais va falloir agir et maintenant que j’ai bien vu quel est le problème, ben j’ai plus qu’à le régler! (oui, enfin, c’est vite dit, y’a plus qu’à…)

Alors, on va me remuer tout ça pour dire enfin au revoir aux voleurs de temps et d’énergie, mieux utiliser mon écoute envers ceux et celles qui en ont besoin tout en restant à sa place (en gros, ce n’est pas à moi de donner la solution) et me dire que je peux accompagner une personne tout en lui faisant confiance, si elle le veut, elle trouvera les ressources nécessaires en elle-même, pour s’en sortir… tout seule.

Et comme dit Dostoïevski: « Il faut d’abord apprendre à vivre soi-même avant de faire la leçon aux autres. »

Je vais aller méditer là-dessus…

Oui, je sens que je vais être un super Coach! 😉

18 commentaires sur « Putain de syndrome… »

  1. il y a de drôles de synchronicités… Ce matin j’ai vu ce fameux ostéopathe dont je te parlais qui me disait  » avant de donner et partager il faut déjà recevoir, et il ne faut pas chercher à penser à la place des autres. Et ce n’est pas parce que vous faites plus qu’on vous aime plus ou que vous faites moins qu’on vous aime moins, on vous aime pour ce que vous êtes… » ❤

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