Une mauvaise nouvelle est une bonne nouvelle qui s’ignore…

Le métier de comédienne est un de ces trucs pour super masochistes.

En fait, pendant toute notre carrière on apprend, entre autres choses, à gérer le refus. Enfin, quand je dis gérer… ça dépend des jours. On peut passer de l’indifférence totale à la dépression la plus profonde pas toujours justifiée d’ailleurs ni cohérente avec l’évènement passé. Par exemple, je me suis vue pleurer des rivières (comme disait Viktor) juste pour un refus d’une pub pour une banque qui fait des crédits à la consommation totalement abusifs ou pour une voiture absolument polluante. Dans ces cas-là, en fait, ce n’est pas le produit que l’on voit mais plutôt le montant du chèque que les directeurs d’agences agitent sous notre nez ainsi que notre égo qui soudain se sent aussi léger (mais néanmoins imposant) qu’un ballon de fête foraine oubliant, au passage, toutes nos valeurs écologistes, sociales et autres que l’on ne cesse de rabâcher à chaque dîners de famille.

Chacun a sa petite méthode pour accepter ses refus. Moi, mon truc c’était de faire des statistiques et des bilans annuels. Mes statistiques me disaient  qu’en gros je décrochais un casting sur dix (ce qui est une bonne moyenne dans le métier). Alors si j’avais un refus ben il faisait juste partie des neufs supportables avant crise éventuelle. Ouf. Quant au bilan annuel, si mes rentrées d’argent étaient plus importantes que mes frais alors tout allait pour le mieux. CQFD

Depuis quelques années pourtant, une nouvelle équation est entrée en jeu faisant baisser ma moyenne:    plus de refus + manque de motivation= perte de confiance.

Du coup, je m’étais persuadée que finalement ce métier n’était pas forcément fait pour  moi et m’étais discrètement planquée derrière mon micro, zone de confort oblige.

Et qu’est-ce qu’on est bien dans notre zone de confort, hein?

Pas d’exposition au risque = pas de risque !

Sauf, que c’était sans compter ce petit truc intérieur (certains l’appellent la petite flamme…) qui nous titillent de temps en temps mais qu’on balaye d’un revers de manche.

Ainsi, l’autre jour, on m’a demandé de passer des essais pour un petit rôle dans une série. Comme j’étais persuadée que, de toute façon, ils ne me prendraient pas (autre manière de gérer le refus, ne pas accorder d’importance aux choses) je les ai fait de manière totalement détendue et en un rien de temps ils étaient expédiés. Ce que je n’avais pas prévu, c’est que ma détente avait peut-être joué en ma faveur! Et c’est moi qui a été choisie. Et en plus, le tournage s’est super bien passé, les gens de la production ont été très agréables, jusqu’à l’acteur principal qui a été un ange avec moi. Bref, tous les ingrédients pour redonner cette envie d’avoir envie (comme disait Johnny).

Aujourd’hui, pourtant, on m’a donnée au début une bonne nouvelle. J’étais dans la sélection finale, la short list (comme on dit dans le métier) pour un rôle plus important dans une autre série… Première constatation: je ne suis pas si ratée que ça alors?(voir l’article Fanny, 40 ans, comédienne ratée…)

Mais, car il y a toujours un mais (ou pas d’ailleurs… C’est qui le gars qui a dit ça?) si j’avais le rôle, je ne pourrais plus assister au spectacle de Noël de mes enfants (qui est pourtant LE moment de l’année où on aimerait être aveugle, sourd et surtout muet… tant il s’annonce  d’une nullité absolue, et je parle bien sûr du spectacle pas de mes enfants!).

Dilemne, Ô dilemne…

Me voici donc, tel un maître des jeux, à élaborer toutes sortes de plans qui me permettraient de travailler tout en arrivant à temps au spectacle de Noël en me disant que ce serait quand même vachement pratique d’avoir, à ce moment-là, un jet privé (ou de demander celui de Donald) ou d’avoir le pouvoir d’ubiquité ou d’engager quelqu’un qui se ferait passer pour moi (de préférence pour le spectacle de Noyel…ouech…) pour éviter d’avoir recours à la dernière éventualité qui est celle de dire aux enfants que je ne viendrai pas (et qui annonce une négociation houleuse me faisant perdre de précieux points dans le ranking des mères parfaites et géniales dont ils croient que je fais partie…)

J’en étais à penser à l’idée de faire appel à un hacker pour modifier les horaires des trains lorsque la nouvelle est tombée: « Désolée mais ça ne marche pas pour cette fois. Bonne continuation ».

Et c’est drôle mais une nouvelle qui m’aurait fait me rouler par terre, il y a quelque temps m’a totalement soulagée aujourd’hui. Parce que oui, hélas! (trois fois hélas), je n’ai pas eu le rôle mais, au moins, je vais pouvoir continuer à être une mère trop super topissime géniale  et ça, ça n’a pas de prix  (comme dirait Masterca… ok, je sors…).

Enfin, si quand même! Celui de boules Quiès et de patience… beaucoup de patience! Mais bon, c’est pour la bonne cause!

Topissime, j’vous dis! 😉

 

 

 

 

3 commentaires sur « Une mauvaise nouvelle est une bonne nouvelle qui s’ignore… »

  1. J’ai une amie qui me répétait sans cesse, « une porte se ferme, une autre s’ouvre », ou « derrière chaque déception se cache un petit cadeau »… J’essaie toujours de garder ces phrases en tête et souvent elles se révèlent exactes. Parfois on comprend souvent la raison du refus bien des semaines voire des mois après et parfois on ne sait pas et il ne vaut mieux pas 😉

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